La légendaire Hardrock 100 n'est pas une mince affaire. 

"C'est un parcours extrême, et c'était notre objectif. Nous voulions faire quelque chose d'un peu plus avancé, lorsque nous l'avons mis en place au début des années 1990" a déclaré Dale Garland, le directeur de course.

"Sauvage et difficile", tel est le slogan de la course. Mais à quel point cet ultra-trail est-il sauvage et difficile ? Regardons cela de plus près.

Ce qui rend la Hardrock 100 unique

La Hardrock 100 est un ultra-trail unique à bien des égards. Le parcours et le temps offrent une grande variété de défis aux coureurs. Examinons quelques-uns des éléments qui rendent cette course si particulière.

La très haute altitude

L'altitude moyenne de la Hardrock 100 est supérieure à 3350 mètres. Cela donne une autre dimension à la course car l'air a une concentration d'oxygène beaucoup plus faible à cette altitude. Cela rend régulièrement certains coureurs malades : maux de tête, problèmes respiratoires... L’altitude oblige également les participants à adapter leur allure, ce qui rallonge le temps d’éffort.

Des ascensions longues, et raides

Le parcours passe 12 fois au-dessus de 4000 mètres. Le point le plus bas est Ouray avec 2340 mètres d'altitude et le point le plus haut est Handies Peak, à 4280 mètres d'altitude.

Les ascensions sont connues pour être très longues. "Cette course ne ressemble à aucune autre, les montagnes sont grandes, c'est un parcours brutal" a déclaré la légende de l'ultra-trail Justin Ludick en 2020.

"Les montagnes ne se soucient pas de qui vous êtes, ni de votre CV de coureur. Si vous venez pour conquérir la Hardrock, vous devez conquérir les montagnes. Et si vous commettez des imprudences, les montagnes finiront par vous montrer qui est le patron", explique Dale Garland.

Hardrock Elevation Profile Counter-Clockwise
Variation d’altitudes de la Hardrock 100 (sens des aiguilles d'une montre).

Peu de stations de ravitaillement

L'organisation propose plusieurs stations de ravitaillement de différentes sortes. Au total, les participants en trouveront une 15aine sur le parcours. C'est relativement peu compte tenu de la difficulté de la course. Il faut beaucoup de confiance et de connaissance de soi pour revenir à Silverton où commence la boucle.

Sauvage

Le parcours ramène les participants à leur instinct animal. Prendre part à la Hardrock et commencer ce périple dans les montagnes de San Juan, c'est faire partie d'un écosystème particulièrement hostile et sauvage pendant 48 heures (ce qui est le temps limite). La faune et la flore mettent les participants à rude épreuve.

Mère nature fixe les règles

La température peut varier considérablement, de -15°C à près de 30°C certaines années. Il est essentiel de partir avec l'équipement adéquat et de faire les bons choix en cours de route.

Multiples traversées d'eau et sections de neige

Les coureurs devront également traverser plusieurs rivières, marcher dans la neige ou traverser des zones en friche. Après la Hardrock, vos pieds auront certainement besoin de quelques jours de repos ! 

Vous savez pourquoi vous le faites

"On se sent petit et parfois désespéré, mais on en retire des émotions très fortes. C'est vraiment quelque chose d'énorme" a déclaré Jim Wamsley en 2020 après avoir tenté de battre le record du parcours en solitaire, sans succès.

Nous avons essayé de donner un aperçu rapide de ce que la Hardrock 100 représente comme défi pour un coureur en nous basant sur les témoignages de ceux qui connaissent bien cet ultra-trail unique. La Hardrock 100 n'est pas célèbre dans le monde entier pour rien. Franchir la ligne d'arrivée et embrasser ce gros rocher sur lequel est peint le logo de la course est réservé aux coureurs les plus dévoués, les plus expérimentés et les plus forts mentalement.

"Sauvage et difficile"... C'est peut-être un euphémisme.