Sylvaine est une des meilleures athlètes françaises en trail depuis plusieurs années et elle inspire beaucoup de sportifs amateurs dans leur pratique.
Elle a notamment remporté l’Éco-Trail de Paris 2016, 2018 et 2021 (80 km), l’Ultra Trail du Cap Vert en 2021 (120 km), le Trail de la Vallée des Lacs en 2019 (57 km) mais également des dizaines d’autres courses allant de 20 à 160 km. En 2022, elle est arrivée 2ème au Marathon des Sables qui était pour elle un objectif majeur et original par rapport aux courses qu’elle a l'habitude de prendre.
Elle s’est installée sur l’île de la Réunion où elle vit depuis maintenant 1 an et demi. Le cadre est parfait pour pratiquer le sport outdoor, avec une belle diversité des terrains de jeu, que cela soit pour le trail ou le vélo de route.


Nous sommes allés à la rencontre de Sylvaine qui nous a raconté les prochains défis qui l'attendent.

Quelle est ton activité professionnelle ?

Sylvaine : J’ai la chance d’avoir croisé la route de la société i-Run il y a maintenant plus de 10 ans ! Une entreprise dynamique en pleine expansion, dont le domaine d’activité est dans ma passion : le running. i-Run m’a d’abord proposée d’être l’une de ses ambassadrices, puis au bout d’un an, elle m’a intégrée dans ses équipes marketing en tant que salariée. J’ai la chance aujourd’hui d’avoir cette double casquette, qui me permet d’allier plus facilement les deux, avec ce statut de télétravailleuse. J’ai également la chance d’être accompagnée depuis 10 ans par la marque ASICS, qui est mon sponsor équipement.

Peux-tu nous raconter ton histoire avec le trail et pourquoi ce sport te passionne ?

Sylvaine : Je fais de la course à pied depuis toute petite. J’ai commencé à 6-7 ans et aujourd’hui courir fait partie intégrante de ma vie. Depuis 10 ans je me suis spécialisée dans le trail running. J’ai trouvé dans ce sport une manière ludique de pratiquer la course à pied. On est sans arrêt en train de s’amuser sur les terrains, on découvre des paysages fous. Ce sport m’a permise de beaucoup voyager, de rencontrer pleins de gens et il y a un état d’esprit assez différent de l’athlétisme dans lequel je me retrouve davantage.

Quelles sont les plus belles courses que tu as faites et les plus beaux défis que tu aimerais réaliser ?

Sylvaine : J’ai eu de la chance de faire pas mal de courses un peu partout dans le monde. Dans les plus difficiles, l’UTMB, la Diagonale des fous, le trail du Mont Fuji au Japon, j’ai aussi couru en Patagonie, en Thaïlande, au Cambodge…. Des sacrées belles aventures à chaque fois, et la découverte de nouvelles cultures, des paysages tous plus incroyables les uns que les autres !

Concernant les défis, je considère chaque nouvelle course comme un nouveau défi !

Surtout quand tu pars dans l’inconnu… l’inconnu est excitant et challengeant, mais aussi parfois un peu effrayant ! Par exemple, le Marathon des Sables paraissait être un sacré défi à mes yeux ! C’est une course qui n’a rien à voir avec ce qu’on connaît d’habitude, avec pas mal d’autres paramètres à gérer que simplement courir… comme celui de l’autonomie alimentaire, les nuits en bivouac, la gestion du sac et bien d’autres.
Sinon, de manière générale, je ne suis pas trop du genre à avoir « des rêves de courses ». Je fonctionne beaucoup au feeling et aux opportunités.

J’ai un peu de mal à me projeter sur 1 an ou 2, parce que je me rends compte que les envies peuvent changer au fil des années. C’est important de pouvoir s’adapter et être flexible en fonction de ses capacités du moment je pense.
Au départ, l’ultra me paraissait inaccessible, ça me paraissait insurmontable. Mais finalement, on réalise avec l’expérience, les échecs et les réussites, que rien n’est impossible quand on y croit et qu’on se donne les moyens d’y arriver ! Quand on se lance dans des projets, il faut juste avoir conscience de ce que cela engage et se préparer en conséquence.

Il y a pleins de projets qui vont arriver mais je laisse les choses venir et je ferai en fonction des opportunités qui vont se présenter.
J’avoue que l’idée d’un jour me tenter un IronMan me trotte un peu dans la tête. Mais pour ça, il faudrait déjà que j’apprenne à nager !! Ahah ! Je nage très mal ! Je suis d’ailleurs très admirative des gens qui font du triathlon ! C’est une très belle discipline, qui demande beaucoup d’entraînement, avec le mélange des sports à travailler.

Tu es connue pour prendre beaucoup de dossards, comment organises-tu les saisons et quels sont tes prochains objectifs ?

Sylvaine : J’essaye de scinder la saison en objectifs de différents niveaux. Il y a les objectifs principaux et secondaires. Je suis quelqu’un qui prend beaucoup de dossards pour me préparer. Je fais beaucoup de courses pour me faire plaisir et je me dis que ça sera toujours mieux que de faire des kilomètres avec du monde plutôt que sur mes sentiers que je connais par cœur.
J’ai commencé l’année par le Marathon des Sables qui était un de mes objectifs principaux de l’année. Ce format était assez nouveau pour moi mais ça s’est bien passé. Ensuite j’ai fait 2 petites courses de 25 km à la Réunion. Après cela, j’ai pris le départ du 90 km de la Maxi Race car je me suis dit que ça serait bien pour préparer mes courses plus longues de fin d’année. J’ai également fait le zinzin ultra trail de 70km, un 45km sur le Trail Raid 34 vers Béziers et à l’île Maurice, le dodo trail 50km qui était un parcours vraiment très technique.
Là, je me prépare pour la TDS fin août (145 km) et la Diagonale des fous en octobre. Pour bien terminer la saison, j’irai sur le Saintélyon … si mes jambes me portent jusqu’à la fin de l’année !

Quel est le message que tu aimerais faire passer aux amateurs de trail comme mot de la fin ?

Sylvaine : Pour rebondir sur ce que je disais juste avant, je voudrais dire aux gens qui n’osent pas de se rendre compte qu’il n’y a rien d’impossible. Quand on a des projets, des rêves et des envies il ne faut pas se mettre de barrières ! Au contraire, il faut prendre ça comme un nouveau challenge et tout mettre en œuvre pour le concrétiser en se préparant du mieux possible !
Et pour les amateurs de trail qui hésitent à passer sur ultra. Je crois qu’il ne faut pas se précipiter. Premièrement, je pense que nous ne sommes pas tous faits pour la longue distance. Et deuxièmement, je crois que pour réussir, il faut avoir une réelle envie et une réelle motivation. Ainsi qu’une bonne raison de le faire.
C’est important que le corps apprenne au fur et à mesure et de respecter la progressivité. Quand on démarre, il faut se fixer des objectifs raisonnables et prendre le temps. Je crois que c’est la clé de la réussite.