À 53 ans, Bernard Dufour est un passionné d’aventures qui s’engage auprès des autres.

Originaire du Morbihan en Bretagne, il vit à côté de Pontivy. Chef d’entreprise, il gère un site (Le Manoir d’Alexandre) avec sa femme où ils organisent des mariages et des séminaires. 

Sportif et nageur d’origine, il décide de reprendre la course à l’âge de 30 ans après quelques années d’arrêt. Il nous confie qu’il a mis 15 jours à remarcher après son 1er 10 km. Amusant quand l’on connaît les distances que Bernard court aujourd’hui.

Après plusieurs triathlons et trails réalisés, Bernard se lance dans son 1er Ultra-trail par étapes en 2018 avec le Marathon des Sables. Il termine 104ème sur 1 100 coureurs. Au-delà de cette belle performance, c’est surtout le début d’une grande aventure remplie d’émotions, d’échecs et de succès qui ont forgé son état d’esprit de sportif. “On découvre un monde où il n’y a pas de limite”

Depuis plus de 10 ans, on ne compte plus les courses que Bernard a terminées : l’Ironman de Nice, l’Ultra Africa race au Mozambique, en Afrique, le Canal de Nantes à Brest non-stop, le GR 34 du Mont-Saint-Michel à Trégastel, la Trans 333 et bien d’autres... Et il n’est pas près de s’arrêter en si bonne route.

Partons à la rencontre de cet ultra-aventurier.

Le désert, son terrain de jeu préféré

Alors que beaucoup d’ultra-traileurs préfèrent la montagne comme terrain de jeu, Bernard est un amoureux du sable et du désert. D’abord navigateur et amoureux de la mer, il y trouve un parallèle très proche avec le désert. 

“On retrouve la même sérénité dans le désert que sur la mer : l’infini, la nature, on ne peut pas rigoler avec ces éléments. On ne peut pas venir à demi préparé”

Alors que le froid est quelque chose qui lui fait peur, la chaleur ne le gêne pas. Il se réalise justement dans ces endroits où il fait extrêmement chaud.

“J’aime me lancer dans des défis où je ne connais pas la solution. Je suis même meilleur quand je suis confronté à la difficulté”

L’importance de passer par des échecs pour se construire

En novembre 2018, quelques mois après son 1er Marathon des Sables, il décide de relever le défi de prendre le départ la Trans 333 km en Mauritanie sans assistance ni balisage. Une course considérée comme l’une des plus extrêmes du monde.

“J’ai rencontré des gens qui avaient fait des choses incroyables. Il n’y a pas du tout de show off et c’est ce que j’aime. Comme en mer, quand quelqu’un est en difficulté, tout le monde va vers lui pour l’aider. Ce n’est pas une course aux médailles mais une course collective, avec 20 participants qui sont là pour réussir à franchir la ligne d’arrivée ensemble”.

Malheureusement, il abandonne cette course au 170ème km pour cause de blessure car il était surentraîné.

“L’échec n’est pas toujours facile à appréhender. Nous avons une culture européenne où nous devons toujours réussir.”

À la suite de cet abandon, il vit une histoire marquante et pleine d’humilité au sein d’un petit village au milieu de la Mauritanie. Il s'aperçoit que les jeunes de ce village ont une école mais pas de cantine. Ils sont obligés de faire entre 5 et 10km tous les matins, sans chaussures, pour manger.

C’est à partir de ce jour que ses courses et défis prennent un engagement différent. Il décide de revenir l’année suivante, mais différemment, en faisant quelque chose pour ce village.

Suite à son surentraînement avant sa 1ère participation, il change de stratégie. Il choisit de faire en “non-stop” le Canal de Nantes à Brest de 358 km en 76h afin d’être habitué à ce type d’effort. 

En 2019, il revient sur la Trans 333 en Mauritanie et arrive 1er de cette course, 1 an après avoir abandonné au 170ème km.

“L’échec fait partie de la construction. C’est parce que tu as échoué que tu seras meilleur après. Tu ne peux pas progresser tant que tu n’as pas connu d’échecs” 

Des projets humanitaires au coeur de ses défis sportifs

« Le peu qu’on peut faire, il faut le faire »

Suite à cette course en 2018, Bernard lance son association @desertsolidaire pour aider des villages africains. Son 1er projet est la construction d’une cantine en Mauritanie.

En novembre 2021, il va dans le désert du Mozambique pour faire l’Ultra Africa Race, une course de 220 km par étapes. Durant ce défi, il distribue plus de 250 kg de courses scolaires à des enfants et soutient 3 écoles. Il arrive 3ème de cette course après avoir effectué cette mission humanitaire.

Début 2022, il publie son nouveau livre « Les défis d’un breton » avec comme objectif de partager son expérience sur ses aventures. Les bénéfices sont intégralement reversés à son association le Désert Solidaire.

Un ouvrage que l'on peut se procurer via Facebook en envoyant directement un message à Bernard.

Il accompagne également une association en France, Rayon de soleil, pour soutenir les parents d’enfants atteints d’un cancer. Faute de moyens financiers, la plupart ne peuvent pas se déplacer pour aller voir leurs enfants à l'hôpital. À cette occasion, il participera à l’Ultra Marin de 175 km dans le golfe du Morbihan début juillet pour soutenir cette association. 

Ses prochains défis

Bernard prépare un nouveau défi : une course de 250 km dans le désert en autosuffisance sur cinq jours, en Namibie, au sud-ouest de l’Afrique. Cet événement est prévu pour novembre 2022.

La citation de Bernard

L’expérience de chacun est le trésor de tous

“Pour moi la vie c’est le partage, ce n’est pas la réussite personnelle qui m’intéresse, c’est de réussir ensemble”.